Interview de Réhahn, photographe portraitiste au Vietnam

Rehahn

Chez Foodies on The Way, on aime faire de nouvelles découvertes.

Voyageurs au long cours, expatriés, gourmands, chefs de cuisine ou simplement passionnés de gastronomie et voyage, aller à la rencontre des autres est essentiel pour nous.

Réhahn est un photographe, originaire de Normandie, en France. Il a voyagé dans plus de 35 pays avant de s’installer à Hoi An, au centre du Vietnam, en 2011. Il est particulièrement connu pour ses portraits du Vietnam, de Cuba et de l’Inde ; et les médias le présentent souvent comme le photographe « qui capture l’âme de ses modèles ». Il est d’ailleurs l’un des photographes les plus médiatisés de ces 4 dernières années avec de nombreux articles sur ces travaux dans des médias internationaux tels que la BBC, le Los Angeles Time, Foto Digital, Travel Live, le Condé Nast Traveler, Elle, Paris Match, Marie-Claire, Esquire, Geo, Forbes…

A la suite d’un périple dans les régions septentrionales où il découvre la diversité des tribus mais aussi la fragilité de leur patrimoine culturel, il se consacre à documenter les 54 groupes ethniques du Vietnam.

Lors de leur passage au Vietnam après un périple de 5000km en Asie, le long du Mékong, nos rédacteurs et photographes Mariette et Quentin ont naturellement été rencontrer Réhahn…

Cela fait bientôt 10 ans que tu fais de la photo, peux tu nous raconter d’où te viens cette passion, comment cela a commencé ?

Quand j’étais en France j’avais une imprimerie, une boite de marketing, et mon designer était photographe. Quand on avait fini le travail, il restait au bureau pour éditer ses photos et j’adorais le regarder travailler. Et un moment donné il m’a proposé d’aller faire des photos ensemble… Quelques temps plus tard, je lui ai proposé une idée : à côté de Caen là ou je vivait, il y a une ville qui s’appelle Herouville-Saint-Clair et dans cette ville il y a 77 nationalités qui y vivent. Je lui ai proposé de lancer projet qu’on a nommé « Diversité = richesse » dont l’objectif serait de montrer ce que la diversité apporte à la ville. J’ai donc acheté un appareil pour l’occasion, un 50D de Canon et on a été rencontrer les habitants, et on les a photographié dans leur quotidien, dans un environnement naturel. Il y a avait des Russes, Iraniens, Colombiens, Brésiliens, Egyptiens, Péruviens, Afghanes, Syriens, Cambodgiens c’était incroyable ! Chacun apportait quelque chose à la ville.
Ce qui m’a motivé et poussé à continuer en fait, c’est surtout l’humain, la partie humaine qu’il y a derrière un cliché, les nationalités, et d’aller à contresens aussi parce que en France on pense que la diversité. Et ça me faisait rencontrer plein de gens, et apprendre plein de choses.
On a accompagné toutes les photos avec une citation de leur pays, écrite dans leur dialecte et traduite en français puis on en a tiré des panneaux qu’on a exposé à la fête des communautés, il y a avait 13 ou 15 mille personnes ! Et là ça été le déclic, je me suis « C’est de ça que j’ai envie, c’est ça que je veux faire ! »

Tu es voyageur, tu as visité 35 pays, pourquoi avoir choisi la voie du portrait dans la photo ? Pourquoi pas le paysage ?

Jaisalmer RehahnParce que je pense qu’un paysage il reste là, il ne bouge pas. Si vous allez voir le Machu Pichu il est toujours là, il n’a pas bougé depuis des centaines d’année, vous allez voir les rizières de Mu Cang Chai, elles sont vertes tous les ans à la même période. A partir du moment où vous y allez au bon moment, et ça c’est facile, avec Internet on peut trouver toutes les informations : comment y aller, à quelle période… C’est facile, tout est accessible maintenant. On peut aller partout, il suffit d’avoir envie d’y aller et d’avoir l’intérêt d’y aller et de trouver le temps. Par contre un portrait, c’est un moment furtif. C’est une émotion, c’est une histoire surtout. Un paysage aussi à une histoire forcément, mais pour moi ce qui me fait vraiment vibrer c’est quand je revoit un cliché sur mon ordinateur je me dit « Ha oui, je me souviens de cette petite mamie, quand je l’ai rencontrée… » et cette photo elle est unique, personne ne peut faire la même. Même pas moi, je ne peux pas la refaire.
L’autre raison c’est simplement que j’aime les gens. Je dis toujours que je suis un collectionneur d’histoire avant d’être un photographe, parce que derrière chacune de mes photos il y a une petite histoire, plus ou moins longue, plus moins joyeuse ou triste, mais toujours avec de l’émotion et c’est ça qui me plait : la relation avec l’humain, l’échange avec la personne photographié. Quand je revois une photo, cette histoire elle me revient et c’est ça qui me plait.

Tu es aujourd’hui parmi les plus grand portraitistes du monde, tu exposes à travers le monde, tu es publié dans des magazines internationaux… Comment es-tu arrivé là ? Comment le photographe de Caen avec ton projet des 77 nationalités est devenu le photographe à succès que tu es aujourd’hui ?

Ethnie Cham RehahnL’étape clé ça a été quand je me suis installé au Vietnam il y a 4 ans, j’ai commencé à voyager en moto partout dans le pays, à rencontrer des ethnies, à apprendre le vietnamien, et en janvier 2014 j’ai sorti mon premier livre et là ça a été le déclic. Quand j’ai sorti le livre, il y a eu une partie de chance, mais c’est aussi qu’au Vietnam les librairies ont été bridées pendant le communisme, les livres sont vieillots et il y a peu de librairies. Et le fait est aussi que mon livre était un peu différent, il ne traitait pas de la propagande, du communisme ou de la cuisine vietnamienne, ça changeait. Du coup mon livre est devenu comme un « spot » au milieu de toutes ces libraires parce que la couverture à été le meilleur choix que j’ai fait et m’a apportée toute l’audience vietnamienne. J’ai fait tous les médias du pays, tous les journaux, tous les magazines, toutes les télés… En 2 ans il y a eu environ 600 articles juste au Vietnam.
C’est aussi grâce à Internet. Par exemple quand un article parait dans vnexpress (le plus gros magazine au Vietnam), si ça fait le buzz tous les sites Internet le reprennent. Sans me demander et sans forcément mettre le copyright, mais ils vont quand même mettre mes photos et mon nom. Mon travail va donc apparaitre partout ! Le Vietnam m’a finalement propulsé, les magazines internationaux on ensuite repris mon travail, puis les expositions à travers le monde, et finalement mes photos sont entrées dans des musées comme celui de l’Asie à Toronto ou le musée de la femme à Hanoi. Il y a aussi le jour où j’ai vendu ma première photo à 10 000€, ça a fait des articles dans la presse, ça c’est su (la photo la pus cher du Vietnam) puis j’en ai vendu 2 autres depuis ! Les réseaux sociaux on aussi joué un rôle important. Ils ont été le lien entre tout cela. Facebook à été viral, et ma page Réhahn Photography a explosé. Je suis arrivé de 200 abonnés à plus de 300 000 abonnés en 3 ans, et la progression continue.

Alors pourquoi avoir posé tes valises au Vietnam alors que tu as parcouru le monde ? Tu as été en Amérique du sud, à Cuba, en Inde… Qu’est ce qui t’a amené à Hoi An ?

Floating borneo RehahnLe Vietnam à quelque chose de spécial pour moi. Je n’y suis pas venu pour la photo, ni pour le business ça c’est sur. Je suis venu au Vietnam parce que je parrainais 2 petites filles qui ont perdu leur papa en leur donnant de l’argent tous les mois via une association (Enfants du Vietnam). Et le deal avec le président de l’association c’était : « Je veux bien parrainer une petite fille, mais je veux la rencontrer. Je vais au Vietnam et je veux la voir ». 2 mois plus tard, j’y était avec ma femme. La petite est venu avec sa sœur parce qu’elles sont inséparables et ça a été génial. J’ai rencontré leur maman aussi. On a vécu un moment d’émotion très fort. Quand on est partis les 2 petites pleuraient, elles nous on pris dans leur bras. J’oublierais jamais en fait parce que j’ai voulu les ramener chez elles, mais elles n’ont pas voulu que j’aille trop près, elles ne voulait pas que je vois leur maison… Et là elles m’ont demandé si on pouvait promettre qu’on reviendrait. Et on l’a fait ! 9 mois plus tard on a passé 15 jours à Hoi An pendant leur vacances scolaires, juste avec elles tous les jours, on a fait plein de choses. Et c’est là que j’ai rencontré ma meilleure amie aussi pendant premier séjour où on a rencontré les 2 petites filles. C’était une vendeuse d’une boutique, et je ne sais pas pourquoi, mais elle nous a aidé à traduire et pendant les 9 mois d’absence elle leur a donné à manger, s’en est occupé… Elles sont devenues comme des sœurs toutes les trois et comme mes filles pour moi. Puis on est venu tous les ans, jusqu’à ce qu’il y a 4 ans on avait envie d’une autre vie, on se sentait bien la bas. Pour remercier ma meilleure amie de nous aider, je lui ai proposé un deal pour ouvrir sa propre boutique. J’ai fait un crédit pour elle en lui disant : « si ça marche pas tu ne me devras rien et si ça marche tu aides les deux petites et quand on viendra, tu payeras le resto ! ». La boutique à cartonné ! Et avec l’argent généré on a ouvert un restaurant et on a construit une maison pour toute cette famille. On a emménagé au Vietnam avec les 2 filles et leur maman, ma meilleure amie et mon père et on vivra tous ensemble, comme ça on ne se quittera jamais !

Plus tôt tu disais « Je suis un collectionneur d’histoires ». Aujourd’hui tu as une collection immense d’histoires. Comment tu les déniches ces histoires, ces sujets ? Comment ça se passe quand tu les immortalise ?

En fait je ne pense pas que tu puisses préparer ça. Tu ne peux pas dire « aujourd’hui je vais chercher une histoire ». Les histoires c’est de l’aléatoire. Il faut d’abord ouvrir ses yeux, symboliquement et physiquement forcément. Il faut simplement se balader, rencontrer les gens. Je m’arrête, je m’assois et je bois le thé avec eux. Il faut prendre le temps. C’est ça l’important, car encore une fois ce qui me plait c’est l’histoire qui va avec la photo.

Donc tu ne programmes rien ? Tu pars avec ton scoot et tu vois ce qui se passe ? Pas de sessions studio, pas de lumière artificielle ?

Non ! Tu ne peux pas programmer, on n’est pas au cinéma. C’est comme l’amour, tu peux pas dire : « ça va être comme ça »… C’est aléatoire, des fois je reviens d’une journée j’ai rien. Je voyage sans flash, sans trépied, sans parapluie et sans équipe d’assistant. Je veux le plus possible de lumière naturelle, je veux photographier du naturel, je veux capter quelque chose qui est vrai ! Je ne fais pas de photos mises en scène… Ça ce n’est pas mon métier.

Parmi toutes ces histoires il y a une qui est particulièrement célèbre, celle du Hidden Smile. Est ce que tu peux nous la raconter ?

Hidden smile RehahnOui bien sûr. En 2011, je me baladais sur la rivière qui traverse Hoi An. Il y a plein de petites mamies sur les bateaux qui attendent les touristes, et dans le lot j’en ai vu une qui était pétillante. Je me suis dis « Tiens celle-là elle est super, elle a l’air marrante, j’ai envie d’aller sur le bateau avec elle ». Je suis monté sur le bateau, je l’ai aidé à ramer, on s’est baladé sur la rivière et c’était génial parce que je ne parlais pas encore vietnamien, elle ne parlais pas anglais, donc c’était le langage des mains et du sourire. Je faisais des photos d’elles, je lui montrais, et elle était morte de rire. Et plus je faisais de photo plus elle se marrait. A un moment je lui montre la bouche et j’essaye de lui dire « Y’a plus de dents ? ». Instinctivement elle s’est caché la bouche avec la main, et j’ai déclenché. Quand j’ai vu la photo ma réaction ça a été « Whoa c’est génial ! ». La première photo en fait, je ne l’ai pas publié, elle n’a qu’une seule main, on voit ses yeux qui pétillent, quand elle sourit elle a encore plus de rides, et on voit ses superbes mains. Puis j’ai un réflexe, je pourrais vraiment pas expliquer, j’ai fait la même chose en mettant une main sur mon front en même temps. Du coup elle à fait la même chose et j’ai fait la photo. A l’époque ma page Facebook était petite, la photo à du faire 20 « likes » puis j’ai mis la photo dans mon ordinateur et je l’ai oubliée. C’est en 2013 que je l’ai ressortie quand j’ai fait mon livre, je devait choisir entre 2 photos : celle-ci et celle d’un monsieur qui avait une petite barbichette et un visage superbe, très marqué. J’ai demandé sur Facebook à mes abonnés ce qu’ils en pensaient et tous les vietnamiens m’ont dit « Celle-là, elle me rappelle ma maman, ou ma grand-mère ». J’ai vu que les gens sont très attachés aux personnes âgées ici. Et c’est vrai qu’en plus elles sont très expressives ici. Le livre a été un succès, la photo a été publiée dans le National Geographic, le Los Angeles Time a dit que c’est la plus belle femme du monde donc ça a surtout explosé au Vietnam dans la presse et elle a été mise sur le devant de la scène, les journaux sont venus à Hoi An pour l’interviewer. Ma photo à donc brillé dans le lot du moment. Il y a quelques jours la photo est entrée dans le musée de la femme à Hanoi, avec un espace spécial dédié à cette petite femme. C’est un véritable succès et c’est ma photo la plus connue. C’est devenu une icône du Vietnam et de mon travail. Entre deux, je lui ai aussi acheté un nouveau bateau pour la remercier, car aujourd’hui elle fait toujours des tours sur la rivière ! Je l’aide aussi financièrement car c’est en fait une collaboration avec cette dame là. C’est pas juste moi, le photographe. Sans elle il n’y avait rien ! Le photographe n’est que l’interprète entre le sujet et le spectateur. Le sujet c’est lui qui fait la plus grande part du boulot dans la photo.

Malgré le fait que tu te sois sédentarisé ici, ton métier de photographe t’amène toujours à voyager à travers le monde. Qu’est ce t’apporte le voyage ?

Smoking time in Canasi - Cuba - RehahnJe dis toujours que le voyage c’est l’école de la vie. C’est à dire que tu peux apprendre des tas de choses dans les livres, mais il te manque les images. Je pense que quand je voyage j’apprends constamment. Depuis que je vis ici par exemple, j’ai appris des tas de choses sur les ethnies, quand j’étais à Cuba j’ai appris sur la guerre froide, etc. J’apprends, j’apprends j’apprends et je pense qu’aujourd’hui j’ai une culture plus développée grâce aux voyages. En 35 ans le voyage m’a aussi beaucoup enrichi intérieurement, m’a rendu plus tolérant, beaucoup plus humain bien que je l’ai toujours été. J’ai toujours aimé la diversité, et la culture. Aujourd’hui le voyage et la photo c’est toute ma vie, ça rythme mes années.

On va laisser un peu la photo, et parler d’un autre trésor du Vietnam particulièrement développé à Hoi An : sa cuisine. Peux tu nous en parler un petit peu ? Quelles sont tes plats et saveurs préférées ?

En fait on ne se rend pas compte, mais c’est magique ! On a toujours le cliché des Nêms, du Phô et du Bô Bun, mais il y a tellement plus. Il y a d’ailleurs cette année le premier festival de la nourriture vietnamienne à Hoi An. Les vietnamiens viennent de tout le pays pour manger des spécialités qui existent uniquement ici. Moi j’adore le Com Ga Hoi an, c’est du riz au poulet, mais ici il est particulier. Il est jaune parce qu’il y a un peu de safran dedans, des oignons, c’est un peu frit. J’en mange presque tous les midi. J’aime beaucoup aussi les White Rose, une autre spécialité de Hoi An, des petites raviolis de riz fraîches à la viande ou à la crevette que l’on met dans le Nuoc Mam que j’adore aussi, c’est la sauce de poisson. En revanche je ne suis pas fan du Banh Xeo mais tout le monde adore, les Saïgonais viennent jusqu’ici pour en manger. Les Banh Xeo ce sont des feuilles de riz avec de la viande de boeuf et des crevettes de la menthe et de la salade qu’on trempe dans une sauce.

Est ce que tu proposes tout cela dans ton restaurant ? Peux tu nous le présenter en quelques mots ? Car il y a d’autres choses particulières…

En fait il faut commencer avec l’histoire de ce restaurant. Quand j’étais à Paraty au Brésil, une superbe ville du XVème siècle, j’ai découvert un glacier qui faisait des glaces en self-service. Tu prends ce que tu veux et tu payes au poids. J’ai adoré, j’y allais tous les jours et ma femme adore les glaces aussi ! On s’est dit « On pourrait monter ça à Hoi An, il nous faut un truc pour vivre ». Je ne voulais pas dépendre de la photo et je voulais rester un photographe libre. On a trouvé un grand bâtiment, pour installer notre affaire, mais un glacier sur une surface aussi grande, c’était pas évident. Même si nous sommes aujourd’hui le plus grand glacier du Vietnam avec plus de 60 parfums à la carte. Il fallait trouver autre chose. C’est là qu’on a pensé à la mère de ma meilleure amie, elle était chef dans un autre restaurant et gagnait pas très bien sa vie. Sa sœur aussi travaillait à faire des chemises dans une usine. On a donc débauché les deux femmes, et on a monté l’affaire en famille ! On a d’abord pensé à faire de la nourriture vietnamienne bien entendu, puis le fait que Hoi An soit un point central au Vietnam entre le nord et le sud c’est une étape pour beaucoup de touristes en milieu de parcours, qui parfois veulent aussi faire une petite pause de nourriture vietnamienne. On a donc créé une carte occidentale avec une soupe à l’oignon, une escalope de poulet à la crème, des pâtes à la carbonara, des burgers ainsi qu’une carte de spécialités locales cuisinées par un chef local avec 20 ans d’expérience. Nous avons un menu découverte parfait pour découvrir la cuisine de Hoi An avec 6 plats bien copieux, que les gens ont souvent du mal à terminer, qui permet de gouter aux nems frits, aux White Rose, aux Banh Xeo, au Cao Lao (LA spécialité de Hoi An, une soupe de nouille de riz plates aux légumes frais, croûtons et bœuf) et terminer avec une assiette de fruits frais.

Bánh xèo Enjoy Restaurant
Banh bao vac White roses Enjoy Restaurant

S’il n’y avait qu’un seul lieu a voir au Vietnam… Où nous emmènerais tu ?

Ethnie Mnong RehahnJe pense que je vous emmènerai voir le marché de Dong Van (dans le nord à 30km de la Chine) qui regroupe 14 ethnies différentes qui a lieu tous les dimanches matin. C’est un lieu d’échange, un lieu social où tous les gens viennent pour se rencontrer même s’ils n’achètent pas forcément de choses. C’est un regroupement social important dans la région et c’est un lieu que j’aime beaucoup pour ça et même s’il a changé ces dernières années avec l’arrivée du tourisme, ça reste un endroit magique. Tu peux y voir 10 personnes qui discutent pendant une heure autour d’un cochon pour savoir comment ils vont le mettre sur la moto pour l’emmener, ou bien des petits oiseaux dans des cages pour savoir s’il est bien, etc. Ils y passent une heure ! Pour la photo c’est génial, surtout qu’ils portent tous leurs costumes !
Sinon pour les non photographes, s’il y a un endroit à visiter au Vietnam, je dirais bien évidemment Hoi An, car la ville vous offre à la fois la nourriture, le shopping, la vieille ville ancienne qui est préservée, les plages, les rizières et les villages d’artisans qui sont un peu partout autour de la ville. Il y a énormément de choses à voir et ça les gens ne le savent pas. Ils y viennent une journée, ils font la vieille ville et pensent qu’ils ont tout vu alors que non, c’est une région magique. Je vis là depuis 4 ans et je ne m’en lasse pas. Il faut aller se perdre dans les rizières et les villages, il y a des temples magnifiques complètement perdus, on se demandent ce qu’ils font là. Il y a beaucoup plus à voir que la vieille ville.

On peut toujours apprendre en photo, même les photographes chevronnés apprennent constamment. Si tu devais donner un et un seul conseil à un photographe portraitiste débutant, que dirais tu ?

Jaipur RehahnJe lui en donnerais plusieurs 🙂 Mais le plus important je lui dirai qu’il faut passer du temps avec les gens. il ne faut jamais oublier que sans le modèle, le photographe n’est rien. J’ai souvent vu des photographes se balader (avec moi, ou seuls), le modèle est un accessoire pour eux. Alors que c’est totalement l’erreur à ne pas commettre. Le modèle c’est la photo ! Je pense qu’il faut oublier son ego et tout donner au modèle. C’est à dire que s’il est assis par terre, une petite dame avec ses tickets de loto par exemple, et bien asseyez vous par terre aussi, c’est pas grave d’être sale en fin de journée. Ça les fait rire, et ça détend tout le monde. Ils se disent « Ce n’est pas l’étranger qui nous regarde de haut ». Mettez vous à leur niveau. Je crois que la clef du succès et de la réussite d’un bon portrait c’est de passer du temps avec eux. Même si vous ne parlez pas la langue. Je dis toujours qu’un bon photographe il devrait être aussi anthropologue, ethnologue, historien, géographe, … Il faut connaitre les codes. Un bon photographe, c’est quelqu’un qui se renseigne, apprends et connait les codes. Il va savoir à quel moment il peut aller prendre une photo. Il faut apprendre, et s’oublier. Oublier son égo, l’égo du photographe c’est ce qui le grille la plupart du temps. Il faut avoir de l’égo mais garder une bonne distance avec lui. Alfred de Musset parlait du « juste orgueil » : chaque artiste doit avoir un peu plus d’orgueil que la moyenne mais il doit apprendre à le contrôler !

Depuis notre rencontre Réhahn à ouvert à Hoi An « Precious heritage » : un musée des ethnies dans lequel il à rassemblé, en plus de ses clichés, les costumes de la majorité des 54 ethnies vivant au Vietnam !

Pour en découvrir plus sur le travail de Réhahn :

www.rehahnphotographer.com
Sa page Facebook
Son Instagram

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Mariette & Quentin

Photographes de métier et grands randonneurs, nous aimons prendre notre temps ! Nos voyages nous ont principalement amenés en Océanie et en Asie : 1 an et 46000km de 4x4 en Australie, Indonésie, de nouveau 3 mois de stop dans le désert australien, 1 an de stop et de randonnée en Nouvelle-Zélande puis 8 mois et plus de 2500km de marche le long du Mékong des steppes Himalayennes en Chine au delta du Mékong au Vietnam. Dans les nouveautés et projets : la France et l'Europe à bord d'un vieux Land Rover en cours de restauration, le Moyen-Orient, l'Asie centrale. Côté cuisine, Mariette est amatrice de thé et spécialisée dans la cuisine asiatique, Quentin est amateur de café et d'épices et spécialisé dans la cuisine française.

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