Marie Wucher, chef pâtissière de l’Hôtel du Parc à Obernai en Alsace

Marie Wucher, Le Parc Obernai

Chez Foodies on The Way, on aime faire de nouvelles découvertes.

Voyageurs au long cours, expatriés, gourmands, chefs de cuisine ou simplement passionnés de gastronomie et voyage, aller à la rencontre des autres est essentiel pour nous.

Chef-pâtissière à l’Hôtel du Parc d’Obernai, magnifique demeure alsacienne qui propose des séjours de rêve au pied des Vosges en Alsace, Marie Wucher nous invite à découvrir son univers de gourmandises et sa passion pour la gastronomie. Amoureuse de voyages, elle a débuté une carrière à l’étranger avant de revenir dans l’établissement familial. Durant son parcours, elle a côtoyé de grands pâtissiers et chef français avec qui elle a beaucoup appris.

Embarquement immédiat.

Marie Wucher

Bonjour Marie, comment est née votre passion pour la pâtisserie ?

J’ai été élevée dans un hôtel restaurant où ma famille travaille depuis toujours. Ma gourmandise m’a fait tomber dans la marmite toute petite. J’adorais aller en pâtisserie car le chef pâtissier me donnait toujours une glace ou un gâteau. Mon dessert préféré était alors la brioche en pain perdu qu’il servait avec une glace au lait d’amande. En grandissant je suis devenue de plus en plus gourmande et je passais alors mes vacances en pâtisserie pour apprendre à faire tous ces délices.

Dîtes-nous quel a été votre parcours dans le monde de la pâtisserie ?

Après mon bac technologique d’hôtellerie, je suis partie un an a Lausanne pour apprendre le management.

C’est ensuite que ma passion pour la pâtisserie me rattrape et je décide d’aller à Paris chez l’un des plus grands pâtissiers, Christophe Michalak. J’ai adoré cette expérience. Il y avait de la rigueur et de l’exigence mais l’ambiance de travail était super. Je restais la nuit pour travailler le sucre d’art que m’apprenaient mes mentors lorsqu’ils s’entrainaient pour des concours.

C’est alors qu’une opportunité de partir au Japon se présente à moi. Un chef alsacien ami de mon frère s’installe à Tokyo dans l’hôtel où Gordon Ramsay avait un restaurant également. Je le sollicite immédiatement pour me faire intégrer dans son équipe. Je pars ainsi avec un visa de vacances travail pendant 1 an au Japon. Cette expérience était très dure du fait de la différence de culture, de langue, de tout… j’étais toute seule et perdue et je n’avais même pas 20 ans ! Malgré tout, je ne me suis pas dégonflée.

Les japonais sont très accueillants et extrêmement dévoués. Ils ont une façon de travailler et de penser complètement différente des français. J’ai appris énormément de leurs techniques et leur perfectionnisme. Je suis partie à regrets a la fin de mon visa. J’étais tombée amoureuse de leur culture.

Je postule ensuite chez Joel Robuchon, sacré «  cuisinier du siècle » pour qui je voulais absolument travailler. J’étais prêtee à aller dans n’importe lequel de ses restaurants (qu’il a partout à travers le monde).

Il me propose Las Vegas, alors je saute sur l’occasion. Les Etats-Unis étaient un rêve pour moi. Las Vegas est une ville fantastique ! A 20 ans on ne peut rêver mieux comme terrain de jeu.

La maison Joel Robuchon me fait découvrir une autre facette de la pâtisserie : la pâtisserie 3* Michelin. Je donne tout ce que j’ai pour décrocher le poste de sous-chef a 21ans. Je reste 3 ans dans cette cité ou tout est permis. J’y rencontre d’ailleurs le futur père de mon fils et nous partons ensemble pour Dubaï où Yannick Alleno nous propose le challenge d’ouvrir un des hôtels le plus luxueux au monde : le « One and only the palm ».

Je suis alors chef pâtissière de tout l’hôtel qui comporte 3 restaurants et 90 chambres. Le défi était de taille. Nous avons travaillé dur sans profiter de cette ville superficielle. J’avais 22 personnes dans mon équipe qui venaient de tous horizons : Inde, Sri Lanka, Ile Maurice, Népal, Indonesie… Cela a été une véritable leçon de vie. Ces jeunes gagnaient un salaire de misère et travaillaient autant qu’ils pouvaient, sans jamais se plaindre. Tout l’argent qu’ils gagnaient servait à nourrir leur famille restée au pays. Un vrai contraste avec les touristes et habitants locaux de Dubaï. Cette expérience aura duré 3 ans.

 

Marie Wucher, Le Parc Obernai
Marie Wucher, Le Parc Obernai
Marie Wucher, Le Parc Obernai
Marie Wucher, Le Parc Obernai
Marie Wucher, Le Parc Obernai
Le Parc Obernai

Parlez-nous du restaurant dans lequel vous travaillez à l’Hôtel du Parc d’Obernai

Avec Cyril, mon conjoint nous décidions ensuite de rentrer en France. Il était temps de revenir au bercail. Mes parents approchant de la retraite, il fallait reprendre le flambeau de l’établissement fondé par mon arrière-grand-mère.

C’est là que nous œuvrons tous les jours depuis 2 ans et demi. Le challenge est très diffèrent mais pas plus évident que les précédents. Nous avons misé sur un changement de style de la restauration à notre retour, un enjeu est de taille vu notre clientèle de nombreux habitués. Mais en douceur nous avons changé le cadre, puis la carte puis le concept du restaurant. Et maintenant on s’attaque au reste de l’hôtel que l’on rajeunit petit a petit.

L’Hôtel du Parc à Obernai possède un restaurant familial ou l’on fait une cuisine de terroir moderne et saisonnière. Cyril en est le chef. Notre expérience à l’étranger influence notre style et l’utilisation de certains produits.

Le Parc Obernai
Le Parc Obernai
Le Parc Obernai
Le Parc Obernai
Le Parc Obernai

Quelles sont vos saveurs préférées et laquelle évoque pour vous le voyage ?

La vanille, pour son exotisme et sa saveur suave. Elle s’accorde avec tout.

Le chocolat pour sa gourmandise et ses caractères si divers.

Le citron vert, pour sa fraîcheur et son peps. Le zeste râpé sur un plat ou un dessert à la dernière minute lui donne une dimension différente.

Celle qui évoque pour moi le voyage est la noix de coco que l’on mange fraîche dans les pays exotiques.

 

Y’a t’il un pays ou une région qui vous inspire pour vos recettes ?

Les États Unis! J’adore les cheesecake, les carrot cake, les brownies, les cookies les pecan pie…. J’adapte ces recette à l’alsacienne, souvent en les allégeant en sucre et en texture.

 

Quel pays aimeriez-vous découvrir ?

Le Brésil. Je meurs d’envie de goûter à ces fruits d’Amazonie que l’on ne trouve nulle part ailleurs. ( ndrl les baies d’Açai )

Quelle est votre pâtisserie préférée ?

Le Saint-Honoré. Ce grand classique de la pâtisserie française est assez complexe et complet en terme de saveurs et de textures. La crème onctueuse à la vanille s’allie si bien avec le gout beurré et le croustillant du feuilletage ainsi que le caramel des choux.

Vos créations sont toutes exceptionnelles. Y’en a t’il une dont vous êtes la plus fière ?

Le soufflé crémeux au chocolat Grand Cru servi avec une glace au malt. C’est le dessert signature du restaurant. C’est très simple mais très délicat à réaliser.

Marie Wucher, Le Parc Obernai

Avez-vous une astuce de chef à nous dévoiler ?

Oui, elle concerne la vanille. Laver, sécher et réduire en poudre les gousses de vanilles déjà utilisées. Utiliser la poudre obtenue dans vos prochaines préparations pour intensifier le gout de la vanille (flan, riz au lait, chantilly…)

Plus d’infos sur l’Hôtel du Parc à Obernai

Adresse : 169 route d’Ottrott, 67210 Obernai

Site web : http://www.hotel-du-parc.com

 

 

Merci à Marie Wucher et à l’Hôtel du Parc pour leurs photos. Tous droits réservés.

Voyages et Cuisine du monde

Clo

Globetrotteuse épicurienne, j'allie mes deux passions, le voyage et la cuisine du monde en partageant mes expériences sur mon blog voyage Evasions Gourmandes. J'aime la nature, les grands espaces, aller à la rencontre des autres mais surtout partager mes découvertes avec vous ! Mon truc à moi ? Goûter à tout, partout dans le monde !

Discutons !